avenir des RH

Comment éviter que les biais cognitifs altèrent votre recrutement ?

Notre cerveau reçoit environ 11 millions de pièces d’information par seconde. Et pourtant, il ne peut en traiter consciemment que 40 ! Face à tant de données, il va alors utiliser des raccourcis appelés biais cognitifs afin d’accélérer notre jugement. Mais attention, l’objectivité n’est pas toujours au rendez-vous.

Recruteur devant faire attention aux biais cognitifs lors du recrutement

Le recrutement est une pratique profondément humaine. Il faut connaitre l’humain, sa psychologie, son fonctionnement. C’est aussi une affaire de séduction. Alors que le candidat essaie de vous convaincre qu’il est la personne idéale pour votre entreprise, vous devez mettre en avant le poste proposé et votre société afin d’être sûr d’attirer les meilleurs talents. Durant cet échange d’informations, vous allez devoir trier, traiter et analyser un nombre incalculable de données. Mais sitôt réceptionnées, un certain nombre de mécanismes inconscients vont se mettre en marche. Afin de vous assurer que ces biais cognitifs n’altèrent pas votre jugement, il est important de les (re)connaitre afin de pouvoir les déjouer. Être conscient de la présence de ceux-ci est la première étape vers un recrutement plus objectif.

Qu’est-ce qu’un biais cognitif ?

Le biais cognitif est un mécanisme de pensée à l’origine d’une altération du jugement. Autrement dit, c’est une façon de penser trompeuse et faussement logique. C’est une sorte de dysfonctionnement dans le raisonnement qui se produit lorsque nous devons gérer une quantité d’informations importantes ou que le temps est limité. Notre cerveau recherche alors intuitivement des raccourcis afin de nous permettre de prendre une décision plus rapidement. On oublie le raisonnement analytique prenant en compte toutes les informations pertinentes et on fait au plus vite, quitte à se tromper.

 Et il est bien là le problème. Ces jugements rapides peuvent se montrer utiles mais ils sont aussi à la base de jugements erronés typiques. Les biais cognitifs auraient autrefois été utiles afin de s’adapter aux changements ou de faire face à une situation dangereuse. Désormais, ils sont perçus plutôt négativement. Hélas, ces processus sont inconscients et donc difficiles à contrôler. Ce qui fait que, même si peu le savent, nous sommes tous biaisés dans notre quotidien. Ce mécanisme est systématique. Ce qui veut dire que pour un individu donné, telle situation entraînera inévitablement tel biais cognitif. Cependant, en être conscient permet à l’être humain d’exercer son libre arbitre.

Pour mieux comprendre ce qu’est un biais cognitif de manière humoristique, n’hésitez pas à aller visionner cette courte vidéo.

Saviez-vous que :

-> Les femmes blondes gagnent en moyenne 7 % de salaire en plus que les brunes

-> Les hommes chauves gagnent moins d’argent que les hommes ayant beaucoup des cheveux

-> Les personnes minces gagnent plus d’argent que les personnes fortes

-> Les femmes blanches sont mieux payées que les femmes noires, et encore mieux que les latinos.

-> Les hommes grands ont davantage de promotions que les petits

 

Tous ces faits sont les résultats de biais cognitifs. Ceux-ci affectent nos manières de penser et altèrent nos jugements, menant à ce genre d’inégalités. Ils ont également un impact sur les engagements, les promotions, les licenciements et ils contribuent au manque de diversité dans les entreprises.

Lors d’entretiens de recrutement, des raccourcis peuvent être faits très facilement, favorisant un candidat ou dévalorisant un autre. « J’ai bien accroché avec ce candidat, il est allé à la même école que moi. » « Cette candidate a changé trois fois d’entreprise en cinq ans, elle est instable. Il faudrait s’en méfier. »

Il serait cependant dommage de recruter un candidat pour les mauvaises raisons ou de laisser partir la perle rare à cause d’une erreur de jugement.

Quel est l’effet du digital sur les biais ?

 

Le digital pourrait diminuer les biais cognitifs, s’ils se basent sur de bons process et de bons outils. Bien appliqué, le recrutement digital pourrait permettre une évaluation plus rationnelle et moins émotionnelle. Pour cela, une préparation similaire à un entretien physique est nécessaire. Les questionnaires doivent être très structurés.

Au plus un entretien est méthodique et organisé, au plus les chances d’être subjectif et biaisé sont faibles. Lors de l’entretien virtuel, les recruteurs doivent être bien concentrés et se remettre en question. « Pourquoi ai-je pris cette décision ? Pourquoi ai-je pensé ça ? »

recruteur prêt à combattre les biais cognitifs

Que faire pour lutter contre ces biais cognitifs ?

Il existe une série de solutions permettant d’éviter que ces biais altèrent votre processus de recrutement :

– Essayez d’être le plus honnête envers vous-même et d’avoir une attitude curieuse.

– A chaque fois que vous ressentez une émotion en interview, notez-la.

– Posez-vous ensuite la question : « Pourquoi ai-je ce sentiment ? »

– Réfléchissez-y ! Une bonne compréhension de ces ressentis vous aidera à réfléchir à comment penser autrement ?

– Être conscient de nos biais aide à les relativiser et à s’en distancier.

– Revoyez les arguments positifs et négatifs d’une décision.  Cherchez des contre-arguments

– Demandez à vos collègues de revoir vos conclusions?

Un dernier bon conseil afin d’assurer un recrutement le plus objectif possible : constituez des jurys les plus diversifiés possible. Plus l’équipe sera variée, plus les chances qu’elle soit biaisée diminuera grâce à la culture et l’expérience des différents membres.

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Voilà, vous êtes maintenant prêts à trouver la perle rare pour votre entreprise ! Il ne nous reste plus qu’à vous souhaiter un bon recrutement !