avenir des RH

Développeur ou manager : faut-il faire un choix ?

Commencer par un poste de développeur puis de développeur senior pour enfin manager une équipe de développeurs, c’est le parcours classique des métiers de la programmation et, par la même occasion, qui implique très souvent de faire une croix sur de nombreux aspects de son métier d’origine.

Un vrai dilemme donc pour de nombreux passionnés : comment concilier évolution de carrière ou salariale et son envie de continuer à coder ? 

Mais alors, quelles sont les raisons qui poussent de nombreux développeurs à devenir manager ? Et est-il possible, voire souhaitable, de construire sa carrière et de s’épanouir sans suivre ce qui ressemble beaucoup à un chemin tout tracé ? 

Déterminisme professionnel

Dans la presque totalité des entreprises, le besoin de reconnaissance, le pouvoir et la rémunération sont des moteurs très puissants. Lorsque l’on demande à un développeur senior pourquoi il a choisi de prendre un poste de manager, la réponse la plus courante est l’augmentation de son salaire.

La raison est assez simple : en Europe, la rémunération des métiers IT purement techniques plafonne plus rapidement après quelques années d’expérience que les rôles orientés « business » » ou « vente ». Résultat, de nombreux développeurs se sentent obligés de passer du côté obscur de la force, c’est-à-dire d’abandonner leurs chères lignes de codes et autres bases de données pour gérer une équipe. 

Il existe également une certaine pression sociale, celle de devoir progresser à tout prix dans l’entreprise pour valoriser son CV et construire une trajectoire de carrière “logique” et valorisée au regard de ses pairs, d’un futur employeur ou de son entourage.

« Soit il reste « développeur » et il sera considéré dans la majorité des entreprises comme un « attardé » qui est condamné à travailler à la cave avec un salaire de misère, soit après 2 à 3 ans de développement, il accepte d’être orienté vers la responsabilité de projet pour finir par faire 100 % d’administratif ou de la vente (et on se retrouve alors avec la situation ubuesque où, lorsqu’un développeur commence à être productif grâce à l’expérience acquise, on l’utilise pour autre chose !). »  

Marco 46, développeur senior (extrait d’une discussion sur le forum www.développez.com).

La faute aux entreprises ?

Un certain déterminisme régit par conséquent le monde des développeurs en les encourageant à céder aux sirènes du management. Phénomène d’ailleurs amplifié par certains services RH qui souhaitent à tout prix fidéliser leurs profils techniques en leur offrant un meilleur salaire et des galons supplémentaires. 

En effet, dans la culture européenne, l’évolution ne peut être que verticale : il faut s’élever dans la hiérarchie, devenir chef de projet ou lead développeur pour être mieux payé. Et cela signifie souvent ne plus coder du tout…

De l’autre côté de l’Atlantique, il n’en est pas ainsi. Dans une entreprise comme Google ou Amazon, les développeurs sont la ressource la plus importante de l’entreprise et ces dernières l’ont très bien compris et valorisent donc énormément le poste. 

Aux États-Unis, deux filières de progression pour les pros du code se sont mises en place, l’une très « technique » et l’autre plus « business ». Toutes deux permettent le même type d’évolution en termes de salaire et de prestige au sein de l’entreprise. Ainsi, un développeur n’a pas forcément à choisir entre un job qui lui plaît et l’attrait de la rémunération.

Stop !  N’achetez pas votre aller – simple pour San Francisco tout de suite ! Lisez simplement la fin de cet article.

Se poser les bonnes questions

Vouloir gagner plus ou évoluer vers un poste qui inclut du management ne sont pas forcément de mauvaises façons d’envisager son avenir. L’important est de rester maître de ses choix et de trouver ce qui procure de la satisfaction dans le métier qu’on exerce. Pour cela, il faut se poser les bonnes questions.

L’argent, et après ?

On dit que l’argent ne fait pas le bonheur. Cette affirmation est certes vraie, mais il est naturel de vouloir que ses années d’expérience en programmation soient, dans une certaine mesure, récompensées par un salaire plus important. En revanche, si une rémunération plus élevée s’acquiert aux dépens d’une passion que l’on doit abandonner, le jeu en vaut-il la chandelle ?

S’épanouir en tant que manager ?

Écrire des lignes de codes  et manager une équipe sont deux métiers très distincts. Prendre la parole en public, gérer les problèmes de ses collaborateurs, embaucher, motiver, rendre des comptes en interne…  Vous épanouirez-vous dans un tel contexte ?

De plus, un bon développeur ne fait pas automatiquement un bon manager. Si vous vous sentez l’âme managériale, des formations existent pour acquérir un certain vernis avant de vous lancer.  

Dans tous les cas, sachez que, en devenant chef d’équipe, vous serez plus souvent en première ligne et que le niveau de stress moyen augmente  lorsque l’on gère de l’humain avec toute la complexité que cela implique.

« Être responsable d’une équipe de développeurs se résume essentiellement à des tâches plus administratives que techniques, il faut que tous ceux qui ont envie de garder les mains dans le code en aient conscience. » LuckyLuke34, développeur (extrait d’une discussion sur le forum développez.com).

Une passion éternelle ?

A l’inverse, cette petite flamme qui fait briller vos yeux lorsque vous pensez à votre quotidien de développeur sera-t-elle éternelle ? C’est une question difficile mais essentielle. Dans 5 ou 10 ans, cette énième ligne de code ne sera-t-elle pas la ligne de trop ? 

Le risque de se sentir piégé dans une fonction qui ne vous anime plus est une situation à envisager. Dans ce cas, vous orienter vers des postes de management est une option parmi d’autres pour éviter la monotonie.

Choisir de ne pas choisir

Et si la meilleure façon d’envisager le dilemme du développeur manager était de se donner les moyens de ne pas choisir entre rester développeur ou devenir manager ? Ou du moins, de refuser le manichéisme de la question telle qu’elle est posée traditionnellement.

Dans certaines entreprises, l’envie du développeur de le rester toute sa vie est conciliable avec une progression hiérarchique ou salariale. De plus en plus d’équipes IT sont dirigées par un binôme formé d’un lead développeur et d’un manager chargé de tâches plus administratives. À vous de trouver l’entreprise qui servira d’écrin à l’expression de votre talent et de votre créativité. Activez votre réseau et mettez-vous en veille active.

Il est aussi parfois possible d’aménager son propre poste au fur et à mesure que l’on gagne en expérience pour trouver le juste équilibre entre management et développement. Les organigrammes ne sont pas toujours aussi rigides que l’on ne le croit.

« Un développeur expérimenté peut aussi faire un peu moins de code et un peu plus de gestion de projet, d’architecture, de conception, de conseil, c’est pour moi le rôle d’un développeur senior. On tire ainsi profit de toutes ses années d’expérience, tout en apportant une grosse valeur ajoutée sans quitter la technique. » 

Grunk sur le forum développez.com.

La réflexion ultime pour n’importe quel développeur est d’augmenter la valeur qu’il apporte à son entreprise. Pour cela, il est important de se tenir sans cesse au courant des enjeux technologiques à venir et d’acquérir les compétences nécessaires pour s’attaquer aux défis que l’entreprise doit relever. Devenir un expert incontesté dans un domaine vous donnera les clés pour maîtriser votre avenir et vous façonner un poste sur mesure.