avenir des RH

Environnement : six métiers pour sauver la planète !

Ce matin, vous vous êtes réveillé en vous disant : « Je veux sauver la planète ! » Bonne nouvelle : le secteur de la transition énergétique est un des plus prometteurs. Ce sera même l’un des plus gros pourvoyeurs d’emplois en 2022 en Europe et dans le monde. Rien qu’en Belgique, on estime que 10 000 emplois sont directement concernés. 

Environnement - six métiers pour sauver la planète

Problème : les candidats, toutes disciplines confondues, se font plutôt rares. Méconnaissance de la filière, préjugés sur des métiers réputés scientifiques ou difficulté à repérer les entreprises qui recrutent, les obstacles sont nombreux. 

Partons à la découverte des métiers qui sont les plus recherchés et qui vous permettront de faire coïncider fiche de paie et bonne conscience citoyenne en faveur de la planète ! 

Pourquoi une telle demande ?

C’est dans l’air – pollué certes – du temps ! Au niveau mondial, les populations des pays qualifiés de développés se montrent de plus en plus préoccupées par l’avenir de la planète et cherchent des solutions pour créer les conditions d’un futur sur terre vivable. En retour, la politique accompagne cette tendance de fond à grands coups de lois, de plans de relance, de transitions vertes et aussi parfois de greenwashing

Dans le cadre du plan de relance européen, le plan belge prévoit des mesures pour un budget de 5,926 milliards d’euros. Ces mesures sont réparties en 85 projets d’investissement et 36 projets de réforme. Le plan de relance économique, qui doit maintenant être approuvé par l’Europe, s’articule autour de cinq axes thématiques :

1. Climat, durabilité et innovation ;

2. Transformation numérique ;

3. Mobilité ;

4. Social et vivre ensemble ;

5. Économie du futur et productivité.

Tous les secteurs d’activités sont donc concernés — même la finance crée des fonds green ! —, puisque la transition énergétique est un sujet transversal qui concerne tous les acteurs de la vie économique des pays.  Voici les métiers les plus recherchés.

Energy manager : la nouvelle star des métiers verts ! 

En caricaturant ce job, on pourrait dire que l’energy manager est la personne qui vous fait une remarque lorsque vous oubliez d’éteindre la lumière du salon ou de fermer la porte du frigo ! 

Il veille en effet à l’efficacité énergétique d’une usine, d’une administration ou d’une collectivité. Son rôle est d’optimiser les consommations d’énergies. Employé directement par une entreprise, les energy managers font souvent partie d’un cabinet de conseil.

Un poste devenu stratégique, notamment dans le bâtiment où les ingénieurs en génie climatique (température et qualité de l’air) sont très recherchés. L’energy manager intervient sur tous les flux, du chauffage aux déchets. Il peut aussi peser pour acheter plus responsable. De plus en plus de postes d’acheteur responsable/acheteur durable se créent d’ailleurs dans les grandes entreprises. L’acheteur n’est plus payé pour «  juste » acheter le moins cher possible !

Si les postes de chef de projet exigent un niveau bac+5 et au moins un an d’expérience, moyennant des salaires entre 38 000 et 45 000 euros annuels, les fonctions de chargé d’études, chargé d’affaires ou commercial en efficacité énergétique sont accessibles avec un bac+3 (salaire autour de 30 000 euros par an), à condition d’avoir de bonnes connaissances en certificats d’économie d’énergie (CEE).

Les métiers du génie climatique dans le bâtiment

Malgré la crise, tous les métiers autour du génie climatique sont très porteurs, parce qu’ils bénéficient du boom de la rénovation énergétique des bâtiments dopée par le plan de relance, eh oui ! Le secteur du bâtiment est particulièrement ciblé, puisqu’il consomme à lui seul 45 % de l’énergie produite et 25 % des émissions de CO2 en Europe. 

Toute la chaîne de la construction et ses métiers profitent du boom de la rénovation énergétique.

En amont des projets de rénovation, on recourt de plus en plus aux conseillers en énergie afin d’optimiser les installations CVC. Les entreprises du BTP ont aussi besoin de chargés d’affaires en rénovation, de managers d’équipe spécialisés en performance énergétique ou encore d’ouvriers qualifiés pour mener des travaux d’isolation, de chauffage ou de ventilation.

Mais aussi, en aval de la filière, de nombreuses professions s’occupent du suivi énergétique des bâtiments, comme le technicien d’exploitation CVC ou l’ingénieur thermicien.

Ces métiers sont tous à caractère technique et nécessitent plusieurs années d’études.

Consultant RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises)

C’est lui qui conseille l’entreprise sur sa politique de développement durable, c’est-à-dire celle qui répondra le mieux aux enjeux sociaux et environnementaux tout en étant économiquement viable. Le consultant RSE établit alors un diagnostic et des recommandations. Il doit ensuite dialoguer avec l’ensemble des parties prenantes (direction de l’entreprise, personnel, actionnaires et investisseurs…). Le consultant RSE est également chargé de mettre en place des processus de vérification des pratiques des fournisseurs et de réaliser des rapports sur les actions et résultats de la stratégie RSE au sein de l’entreprise.

Pour les jeunes diplômés, les cabinets de conseil sont une très bonne porte d’entrée. Chez Deloitte, le nombre de consultants RSE est par exemple passé de 100 à 200 en trois ans, avec des salaires d’embauche autour de 35 000 euros par an. 

Dans les entreprises, les profils plus confirmés de responsables développement durable ou chargés de mission RSE définissent les bonnes pratiques, mettent en place des indicateurs, assurent une veille réglementaire et organisent des campagnes de sensibilisation en interne. Leurs rémunérations se situent entre 50 000 et 65 000 euros.

Responsable des achats durables

Garantir un sourcing propre est devenu un enjeu crucial pour nombre d’entreprises. La hantise des multinationales de l’agroalimentaire, de la beauté ou de l’habillement : se faire épingler, avec risque de boycott, pour comportement antisocial ou anti environnemental, notamment chez leurs fournisseurs et sous-traitants.

D’où la montée en puissance, au sein de leurs services achats, de postes de vigies de l’éthique. Ces acheteurs responsables ont souvent un double parcours – école de commerce ou d’ingénieurs (notamment agro) avec un master en RSE. Mais ces fonctions sont aussi l’occasion de belles reconversions pour des pros des achats, de la logistique ou de l’audit. Comptez 35 000 euros pour un premier emploi et jusqu’à 80 000 euros avec trois ans d’expérience. Parmi les recruteurs de pointe sur ces fonctions : Danone, Sephora ou Picard.

Juriste en environnement

Sa mission ? Aider les entreprises et les collectivités à se conformer aux exigences réglementaires en matière d’environnement (consommation énergétique des bâtiments, substances interdites dans les produits ou emballages, traitement des eaux et des déchets, risques industriels, etc.).

Cet impératif de « compliance » exige une veille minutieuse du droit français, européen et international. Et, comme il s’agit de répercuter ensuite ces informations à des ingénieurs, un bagage scientifique ou une bonne connaissance du secteur s’avère être un gros plus.

Les industries chimiques, agroalimentaires ou de l’énergie sont très demandeuses de ces profils, qui démarrent en moyenne à 30 000 euros annuels.

Pour les plus militants : ingénieur en décroissance ! 

Le métier est émergent et reste en grande partie à inventer. Les activités humaines jouent un rôle dans le réchauffement climatique, l’ingénieur en décroissance met au point des solutions moins voraces en énergie. Il peut s’agir de concevoir des systèmes d’énergies renouvelables, de recommander des modes de vie plus sains, d’œuvrer pour la relocalisation d’activités économiques et ainsi réduire les transports de marchandises polluants.

« Un ingénieur doit pouvoir répondre aux questions de son époque. Fabriquer un cadre de vie plus soutenable, plus économe », estime Clément Choisne, diplômé en 2018 de l’école d’ingénieurs Centrale Nantes. Lors de la cérémonie de remise des diplômes, son plaidoyer pour réorienter la formation d’ingénieurs vers l’étude de solutions aux problèmes du climat plutôt qu’à la perpétuation du système productif qui en est la cause a fait le buzz sur les réseaux sociaux.