avenir des RH

IT : tous freelances ?

Les open-spaces et le salariat vont-ils devenir les reliques poussiéreuses d’une époque révolue ? Effet Covid ou non, une vraie déferlante s’abat sur le secteur IT : un nombre exponentiel de développeurs, programmeurs, webdesigners, architectes réseau ou data scientists envisagent de devenir indépendants. C’est-à-dire de ne plus faire partie d’une entreprise en tant que salariés, mais de choisir leurs missions et donc leurs employeurs successifs comme bon leur semble.

Pour les entreprises, il peut s’agir d’un atout, mais aussi et surtout d’un enjeu de taille : quelles tâches confier aux freelances IT et comment s’assurer de toujours travailler avec les meilleurs, faute de pouvoir les recruter sur le long terme ? 

Loin des yeux…

La pandémie du Coronavirus est un événement dont on se serait bien passé. Mais les confinements à répétition ont donné matière à réfléchir à bon nombre de salariés du secteur IT. Avec les bons outils de communication et une bonne organisation de travail, ils se sont rendu compte que leur présence physique sur l’open-space n’est pas indispensable. Cette indépendance, tout d’abord imposée par le travail à distance, s’est très vite muée en un désir de la voir se concrétiser sur le long terme. Et la technologie a fait le reste : outils collaboratifs et plateformes de mise en relation entre employeurs et indépendants ont connu une forte croissance de leur nombre d’adhérents ces derniers mois.

S’ils rejettent les salariat, c’est principalement par choix et non pas par défaut. Ils envisagent aussi de devenir freelances pour gagner en autonomie et en flexibilité (39,5 % des sondés), mieux équilibrer la vie professionnelle et personnelle (23,6 %), et percevoir un salaire plus élevé (17,6 %).

Selon une étude menée par la plateforme de mise en relation Malt, plus de 43 % des salariés du secteur IT souhaitent devenir travailleurs indépendants dans les six prochains mois. Pour 73 % d’entre eux, c’est la crise (de la COVID) qui a été l’effet déclencheur. 

Qui sont-ils ? 

Une étude menée par l’association Club Freelance montre — et cela n’est pas très surprenant — que les juniors avec moins de trois ans d’expérience représentent 43 % des travailleurs indépendants du secteur IT. Les profils plus confirmés ne sont pas non plus à la traîne, avec 29 % de freelances IT. Les seniors ne représentent que 10 % du total, mais cela s’explique aussi par le fait que les statuts juridiques de micro-entrepreneur ou de travailleur indépendant étaient plus difficiles à obtenir il y a dix ans et que certains vieux réflexes perdurent.

Côté technique, ces néo-indépendants sont plutôt très qualifiés et sont adeptes de SAP FI/CO, de SQL, de Java, d’Angular et enfin de Node.js. Toujours selon l’enquête de Club Freelance, leurs domaines d’expertise se situent (sans surprise, si l’on se fie à leurs préférences) du côté du SAP à 29 %. L’infrastructure et le cloud computing arrivent en seconde position avec 18%, suivis par les technologies Microsoft (16 %) et enfin le développement web (13 %).

Quels types de missions pour les freelances IT ?

Les attributions d’un freelance IT se regroupent dans plusieurs familles de missions et mobilisent des compétences d’ingénierie informatique. Un freelance IT peut réaliser des travaux technologiques assez classiques :

  • la mise en place d’un progiciel comme les ERP (Enterprise Ressource Planning) ou les PGI (Progiciel de Gestion Intégrée). Cette mission comprend également la maintenance des solutions développées ;
  • l’étude de l’ergonomie d’un espace numérique de travail en milieu professionnel. Cet espace peut être interne (Intranet) ou externe à l’entreprise (Extranet) ;
  • l’installation de solutions de communication téléphoniques et numériques. Cela peut se traduire par la mise en place d’équipements permettant la visioconférence nécessitant une connexion Internet continue.

Ces travaux peuvent être complétés par des missions faisant appel à une expertise plus élevée :

  • l’installation de processus d’automatisation et de traitement instantané de millions de données (data) en un temps réduit. Cela peut se traduire par la création de workflows (flux de travaux) pour penser numériquement différentes étapes de travail ;
  • la mise en œuvre de la transition numérique du patrimoine documentaire (documents sociaux, fiscaux et commerciaux) d’une entreprise. Cela peut s’opérer à travers une GED (Gestion Électronique des Documents) ;
  • la conception d’applications et de logiciels dédiés à un besoin en particulier. Dans le cas des logiciels en SaaS (Software as a Service), les clients bénéficient d’une architecture commune qui peut être personnalisée avec différentes options.

Le niveau de confidentialité des données sensibles est une thématique sur laquelle vous devrez tôt ou tard réfléchir sérieusement, et certaines fonctions IT sont sans doute à internaliser sur le long terme. Mais, a priori, freelance ou salarié, les risques de fuite sont les mêmes ; il s’agit davantage d’un climat de confiance à mettre en place en début de mission ou de CDI. 

Et les entreprises, dans tout ça ? 

Ont-elles vraiment le choix ? Dans le secteur IT, où règne une pénurie chronique de développeurs et de programmeurs… pas vraiment. Tout l’enjeu est de s’adapter à ce changement de paradigme dans un contexte de marché du travail tendu en se focalisant sur les avantages que les freelances IT peuvent apporter à une organisation. 

Faire appel à un expert indépendant, c’est la perspective de gagner en flexibilité dans un contexte économique parfois difficile. En optant pour cette solution, il est ainsi possible pour les entreprises de créer rapidement des équipes multidisciplinaires constituées de professionnels réellement investis dans leurs tâches. Il faut dire que le freelance a tout intérêt à soigner son travail s’il ne veut pas entacher sa réputation, c’est la contrepartie de son statut ! 

L’autre enjeu est de savoir où les trouver, ou plutôt de faire en sorte qu’ils vous trouvent ! En effet, les développeurs — pour ne citer que ce corps de métier emblématique du secteur IT — ont besoin de se sentir désirés. Oubliez LinkedIn et les fiches de poste sur Monster.be. Il faudra faire preuve de créativité et d’honnêteté en fréquentant assidûment les communautés online qu’ils fréquentent. Charge à vous de ne pas mettre les pieds dans le plat en étant trop insistant auprès d’une population qui se méfie — à raison — des manœuvres de séduction trop voyantes. 

Enfin, encore et toujours, travailler sa marque employeur en amont sous l’angle de la flexibilité et l’évolutivité des missions ainsi que de la fusion des talents est un axe de réflexion à creuser absolument pour ne pas passer à côté d’un réservoir de talents incroyables, mais qui peut parfois sembler inaccessible. 

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