avenir des RH

Je n’aime plus mon boulot mais il me permet de payer mes factures !

Pas assez passionnant, pas assez original, pas assez prestigieux, pas assez challengeant, … votre boulot ne vous convient plus mais vous continuez malgré tout à l’exercer car il vous permet de payer vos factures ? Vous faites alors partie de la catégorie des personnes exerçant un job alimentaire. Mais qu’est-ce que ça représente réellement ? Et quelles sont les raisons qui nous poussent à rester malgré tout à ce poste ?

Mon job alimentaire ne me convient plus.

Bruno* travaille dans l’informatique depuis plus 20 ans. Sarah* dans le secteur public depuis maintenant 5 ans. Jessica*, elle, est service manager spécialisée en Gestion tandis que Nathan* travaille dans le domaine bancaire depuis près de 30 ans. Tous occupent des postes bien différents mais partagent pourtant un point commun : leur boulot ne leur plait plus mais ils continuent à l’exercer par nécessité.

On entend souvent qu’il n’y a pas de sots métiers. Pourtant, on nous apprend également dès le plus jeune âge qu’ « il faut bien travailler à l’école pour avoir un beau métier plus tard ». La réalité est telle qu’exercer la profession de ses rêves relève parfois du luxe. Face aux contraintes de la vie, nous sommes parfois amenés à accepter des emplois moins séduisants pour pouvoir nous maintenir à flot. C’est ce qu’on appelle un job alimentaire : un emploi exercé sans passion, uniquement pour l’argent. Et il n’y aucun mal à ça, même si cette situation est souvent difficilement supportable sur le long terme.

Help ! Mon boulot ne me plaît plus !

Bruno travaille dans la même boîte d’informatique depuis maintenant plus de 20 ans. À l’époque, ce n’était qu’une start-up mais elle est à présent devenue une multinationale. Une success story donc pour cette entreprise, mais qui s’accompagne aussi de contraintes : avec le développement de l’organisation sont venus s’ajouter des dizaines de nouveaux niveaux hiérarchiques. Une situation difficile à accepter, surtout lorsqu’on a connu la simplicité des débuts. « Ce que je n’arrive plus à encaisser, ce sont les petits chefs et leur propres chefs, le fait qu’on ne puisse plus avoir de contacts directs avec le haut de la hiérarchie. Au final, quand on a un problème, on peut essayer de le remonter mais ça n’arrivera jamais qu’un ou deux niveaux au-dessus. »

Accepter un job alimentaire peut également parfois être lié à une période de chômage, qui oblige souvent à accepter un salaire moins attractif et un travail moins intéressant par peur de ne pas trouver d’autres alternatives. Pour Sarah, tout a commencé à la fin de ses études. Après six mois de recherches infructueuses, elle se voit proposer un emploi dans le secteur public. Même si ce n’est pas le type de travail qu’elle recherchait, elle accepte en se disant que ce sera un bon moyen d’acquérir une première expérience, un premier salaire et une certaine stabilité. Mais cinq ans plus tard, elle travaille toujours au même endroit et ne s’y épanouit pas du tout.

« Ce qui me déprime le plus c’est que je suis convaincue d’avoir du potentiel et un certain nombre de compétences qui ne sont pas suffisamment exploitées ! J’ai occupé différents postes, mais plus le temps passe, moins je suis motivée à aller travailler. Le service « prend l’eau » de toute part, beaucoup de collègues sont déjà partis et l’ambiance se dégrade d’années en années. » 

Une situation difficile à vivre

Ne pas pouvoir évoluer fait souvent que l’on se sent à l’étroit dans son travail. On ne trouve plus la motivation pour travailler, on se demande si ce qu’on fait a du sens. Le conflit de valeurs est également une des raisons principales de cette rupture avec l’entreprise.

Nathan : « Ce qui pose problème c’est quand il y a une inadéquation entre les discours et la réalité. C’est vraiment un conflit de valeur, et c’est une situation très difficile à vivre. Ça a clairement un impact sur la motivation. Dans ces cas-là, on arrive de moins en moins à se motiver. Et plus le temps passe, plus on s’épuise. La performance intellectuelle diminue et la qualité du travail s’en ressent inévitablement. »

Mais pourquoi ne pas partir dans ce cas ?

 

« Si ça ne te plait plus, tu n’as qu’à changer ! ». Ce n’est malheureusement pas si facile. Le frein ici est souvent financier. Oui, ce job ne convient plus, mais il permet cependant de payer les factures et d’assurer une certaine stabilité. Nathan : « Le secteur banquier paie quand même bien et offre pas mal de jours de congés. Ce sont des avantages qui font qu’on se dit qu’on va tenir le coup. »

L’ancienneté peut également jouer un rôle lors de la prise de décision. Avec elle vient souvent un bon salaire et un certain confort, qu’il est parfois difficile d’abandonner. Surtout si c’est pour se remettre sur le marché du travail où la concurrence avec les juniors fait rage.

Le contexte actuel n’incite également pas au changement. Beaucoup de personnes ont perdu leur emploi depuis le début de la crise du COVID-19 et travailler est devenu pour certains un luxe.

Sarah : « La crise est arrivée pile au moment où je voulais tout plaquer. Mais je me suis dit qu’il valait mieux que je prenne sur moi et que je continue. Et puis, comparé à d’autres personnes de mon âge, je pense avoir un job stable, sécurisé – encore plus au vu de la crise maintenant – et avec un salaire qui me semble correct. Mais, d’un autre côté, les semaines et les mois semblent long parce qu’on a l’impression de ne pas évoluer et d’être à une place qui n’est pas la bonne, de ne pas travailler de manière efficace ou de ne pas avoir de reconnaissance quand on fait quelque chose de bien. »

Un phénomène non sans conséquences

Se forcer à exercer un métier qui ne nous plait pas peut avoir des conséquences plus ou moins graves sur le moyen et le long terme : diminution de la motivation et de l’estime de soi, augmentation du stress quotidien, apparition progressive de frustration, de colère et de regrets, perte de sens, burn-out, … Nathan : « Cette situation a duré quelques années. Jusqu’au jour où mon médecin m’a diagnostiqué un burn-out. Et quelques semaines plus tard, mon employeur a décidé de me licencier. »

Être contraint de faire passer sa santé financière avant sa santé mentale n’est jamais facile. Beaucoup se rendent compte de leur situation et tentent d’y remédier en cherchant un nouvel emploi. Mais le processus est loin d’être aisé. Jessica : « Je suis à la recherche d’une nouvelle opportunité et je dois faire cela de manière discrète car comme dit votre slogan : « mon job paie mes factures ». Et étant maman célibataire de 3 adolescents, je ne peux pas me permettre de me retrouver sans boulot. Je suis donc obligée de faire bonne figure et de continuer à me donner à 100% comme si de rien n’était ».

En attendant de trouver le job idéal, essayez de tirer un maximum profit de votre emploi actuel. Votre job alimentaire peut vous apprendre certaines choses qui se révéleront utiles pour la suite de votre carrière. Il peut également vous permettre de vous faire des contacts pour la suite ou encore d’acquérir de nouvelles compétences qui pourraient bien vous aider à décrocher votre job de rêve le moment venu.

Vers un changement de paradigme

 

Selon Nathan, beaucoup de gens sont aujourd’hui installés dans un schéma bien précis : « je travaille pour mettre de l’argent de côté pour qu’à ma retraite je puisse faire ce dont j’ai envie ».

Il faut pourtant essayer de changer de paradigme, où le métier est alimentaire mais pas que. N’oubliez jamais que vous êtes bien plus que votre travail !

« Il vaut mieux parfois préférer gagner un peu moins mais faire quelque chose d’intéressant, que gagner un peu plus et devoir faire des voyages lointains pour pouvoir se ressourcer tellement le job vous a vidé. »

Chez Betuned, nous savons que l’argent ne fait pas tout dans un emploi. C’est pour ça que nous nous efforçons de mettre en relation des recruteurs et candidats partageant les mêmes valeurs.

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Un grand merci à toutes les personnes ayant accepté de témoigner, nous leur souhaitons beaucoup de courage et de succès pour la suite !

 

*noms d’emprunt