Amélie Alleman-min

La start-up, c’est aussi une affaire de femmes

Elle voulait être journaliste. Ses études en communication auraient pu l’y conduire… Et puis non, elle a pris un autre chemin au détour d’une première opportunité professionnelle. “Je suis devenue assistante manager d’un fast-food. J’ai appris beaucoup de choses : la gestion, le marketing, la relation avec les clients… L’adrénaline, aussi. J’ai aimé ça”, raconte-t-elle, assise dans un petit local vitré du coworking Silversquare de la place Stéphanie, à Bruxelles.

 

Alors qu’elle n’a que 38 ans, Amélie Alleman a déjà engrangé une expérience peu banale. Cadre dirigeante dans un groupe international, entrepreneure (elle a créé trois sociétés, en a revendu une), membre du réseau Be Angels depuis trois ans (elle a déjà investi dans six start-up), vice-présidente du Cercle Olympe Bruxelles (lire en pages 12-13), membre de Guberna (institut belge des administrateurs) et du réseau Women in Business, lauréate du Trends Woman Award en 2013… Voilà, en très résumé, le parcours de cette jeune femme originaire de Sambreville qui, il y a un an, n’a pas hésité à se lancer un nouveau défi – “from scratch”, comme on dit – en fondant la start-up Betuned.

 

Amelie Alleman
Amelie Alleman

 

Betuned est une plateforme innovante de recrutement pour améliorer le matching entre les entreprises et les candidats aux jobs proposés. C’est une idée que j’avais en tête depuis trois à quatre ans. J’ai pris six mois, début de l’année dernière, pour formaliser le projet avec l’aide d’une consultante. En juin, j’avais un prototype et on a démarré la commercialisation en septembre.” Moyennant un investissement personnel de l’ordre de 80.000 euros, Amélie Alleman dirige aujourd’hui une équipe de 6 personnes et compte déjà, après seulement six mois d’activité, une petite vingtaine de clients (sociétés de toutes tailles et de tous secteurs confondus). Là où Betuned innove, c’est dans le recours à la vidéo pour faire découvrir aux candidats, “de façon transparente, authentique et sincère”, les entreprises qui sont en quête de nouveaux talents.

 

De son parcours d’entrepreneure, Amélie Alleman retire déjà plusieurs enseignements. Dont la nécessité, quand on est (jeune) femme, de devoir davantage “batailler” pour être reconnue et jugée crédible. “Quand j’ai créé la société Akros Solution, en 2009, avec un associé que j’avais rencontré lors d’un précédent boulot, on s’adressait systématiquement à lui quand on rencontrait des clients ! Comme si le fait d’être jeune et femme, ne me rendait pas légitime. Il a fallu plusieurs années pour que je m’impose.” Et Amélie Alleman de conclure : “Je travaille beaucoup. C’est une passion. Mais ça reste un job et la vie ne se résume pas à ça !”. À méditer, Messieurs…

Par Pierre-François Lovens dans La Libre Belgique

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