avenir des RH

Quel avenir pour le data center ?

«Le data center a résisté à la pandémie, survivra-t-il aux transformations de demain ?», questionne Yves Grandmontagne, éditeur de Datacenter Magazine.

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La pandémie aujourd’hui, d’autres crises demain, certainement énergétiques et climatiques. Entre résilience et réduction des coûts, le datacenter est au cœur des infrastructures. «Depuis toujours, il est le maillon fort de l’informatique, le point d’ancrage des infrastructures, le support des usages IT et de la donnée… tout en se faisant oublier, ce qui est l’apanage de ce qui est indispensable, poursuit Yves Grandmontagne. Mais le data center se doit d’être également vertueux pour la planète, efficace sur sa consommation énergétique, sécurisé pour la donnée et économe pour l’entreprise. Il est également le porteur des innovations critiques de demain. Avec un seul point de mire, la criticité

Ces questions seront au centre de la première conférence d’ICT Infrastructure (jeudi 23 septembre, 09:00, Van der Valck Hotel, Nivelles-Sud). De fait, au sortir d’un confinement qui a bouleversé notre monde, le data center est au cœur des enjeux de reconstruction de nos économies et de notre société. Il a une triple qualité de fabrique au service de notre résilience. Tout d’abord, permettre l’évolution de nos usages numériques. Ensuite, dessiner une responsabilité environnementale allant de pair avec l’augmentation du volume de données traitées. Enfin, ces infrastructures et les données qu’elles hébergent nous rappellent que c’est de maîtrise et d’ouverture dont nos économies ont besoin, pas d’un repli sur soi. Le data center est bel et bien au cœur de la résilience de notre monde.

Agile, évolutif

D’ici 2030, la planète devrait compter plus de 50 milliards d’écrans. C’est ce que nous disaient les prédictions d’avant la crise et le type d’indicateur qui guidait nos prévisions de montée en charge. Le bouleversement que nous connaissons nous conduit à revoir à la hausse ces prédictions. Le télétravail, la socialisation à distance ou encore les plateformes de divertissement ont explosé. Zoom, l’application de visioconférence, enregistre 200 millions d’utilisateurs par jour, soit vingt fois plus qu’avant l’épidémie. Qui aurait pu prévoir cela ? Qui nous a permis de surmonter cette situation ? Le data center, parce qu’il a été essentiel pour dé-risquer le stockage de données et faire face aux aléas, parce qu’il est conçus dès le départ comme un outil agile et évolutif. Cette évolutivité permet de s’équiper au fur et à mesure des besoins grandissants et d’anticiper rapidement les montées en charge. Lorsque ces besoins sont soudains, la réactivité des exploitants rend possible des prouesses, créant les conditions de la résilience.

Si la menace actuelle est sanitaire, ne perdons pas de vue la menace climatique. Les acteurs du numérique ont une responsabilité dans la réduction de celle-ci. Notre défi est de nous assurer que l’augmentation des usages numériques ne se traduise pas par une augmentation de l’impact de notre secteur sur l’environnement.

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Réussir la transition énergétique

Cela veut dire penser l’intégration de ces infrastructures dans la ville et en dehors de celle-ci, pour qu’elles se fondent dans des plans d’urbanisme et ne soient pas une source de nuisance pour les habitants. Cela veut dire aussi innover pour une meilleure efficacité énergétique, comme promouvoir le free-cooling, technique de refroidissement très économe en énergie. Enfin, cela veut dire utiliser la chaleur émise par le data center pour qu’elle ne se perde pas. Aujourd’hui, on chauffe des bureaux et même des piscines grâce à la chaleur des infrastructures ! Alors, investir dans un data center qui répond à ces critères, c’est aussi investir pour réussir la transition écologique qui caractérisera le monde de demain.

Les initiatives se multiplient, comme le Climate Neutral Datacenter Pact, qui prévoit cinq objectifs à atteindre d’ici 2030 : prouver l’efficacité énergétique des infrastructures avec des objectifs mesurables, utiliser une énergie 100 % décarbonée, donner la priorité à la conservation de l’eau, réutiliser et réparer les serveur et chercher des moyens de recycler la chaleur.

Des innovations, des pistes

Le secteur ne cesse d’innover. Des pistes se trouvent désormais dans la productivité (plus de données traitées avec moins d’énergie) et dans le respect de labels environnementaux. Ces derniers visent à réduire l’emploi de matières rares, à bannir les substances dangereuses (RoHS, etc.), à sourcer des énergies renouvelables, à plus de circularité (jusqu’à 80 % des composants recyclables contre 18 % en moyenne pour un smartphone) ou à utiliser des matériaux de construction à empreinte carbone plus faible que les matériaux traditionnels (comme des ossatures bois qui capturent du CO2).

Ces innovations concernent tous les domaines du data center : le refroidissement (remplacement des gaz comme le R410A par des gaz HFO à potentiel de réchauffement 2 000 fois inférieur); l’alimentation électrique (transformateur qui utilise de l’huile végétale à haut rendement énergétique). De nouvelles technologies permettent de réduire significativement l’empreinte carbone d’un onduleur dans sa phase de fonctionnement (en moyenne 50 tonnes par an par tranche de 100 KW économisés) et le monitoring (IA et big data pour faire de la maintenance prédictive et adapter la consommation des serveurs aux charges IT), voire la construction (conception avec des produits à durée de vie plus longue comme les batteries longue life). La révolution est là.

Cet article a été rédigé par Alain de Fooz, auteur du magazine Solutions Magazine. Retrouvez le, ainsi que tout une série d’articles liés à la transformation digitale sur leur site, www.solutions-magazine.com.