avenir des RH

Comment gérer un échec professionnel ?

Vous venez de vous faire virer ? Vous avez commis une grosse faute professionnelle ? Alors, allez vous faire consoler ailleurs ! Oui, la plupart des échecs professionnels sont des moments difficiles à vivre. Mais ce qui ne nous tue pas nous rend-il toujours plus forts ? Pas si sûr. Certains ne se relèvent pas d’un échec qu’ils n’avaient pas vraiment anticipé.  

C’est pas grave, tu sais - Comment gérer un échec professionnel

Cet article ne fera donc pas l’apologie d’une résilience doucereuse ni ne jouera le rôle d’un distributeur de Kleenex pour essuyer vos larmes, et ne sera encore moins une lecture rassurante et déculpabilisante pour vous dire que tout va bien, que ce n’est pas si grave après tout.

Se faire sanctionner à la suite d’une grosse erreur ou pire, se faire licencier, c’est une pilule qui est dure à avaler, certes, mais on peut s’en remettre ; on doit rebondir… Voici quelques conseils pour ne pas sombrer.

Pourquoi l’échec est-il (sur)valorisé ? 

En quelques années seulement, un changement total de paradigme s’est opéré. Autrefois considéré comme un véritable boulet par les candidats en recherche d’emploi, il sse produit aujourd’hui l’effet inverse, il faut avoir échoué ! … Nous en sommes arrivés à cette inversion sémantique pour au moins deux raisons. Tout d’abord, nous vivons une époque pleine d’incertitudes qu’il est difficile de traverser sans égratignures. 

Journal pas très intime

L’échec fait partie du quotidien. Mais s’il est valorisé à ce point, c’est que dans un contexte où l’on livre volontiers son intimité en pâture sur les réseaux sociaux, l’échec professionnel est devenu un sujet de communication à la mode, que l’on peut facilement retourner à son avantage. 

À l’ère de la reconnaissance sociale, l’échec aide certains à se valoriser en devenant par ailleurs des « donneurs de leçons » à peu de frais. Se positionner comme un Caliméro en disgrâce, un vilain petit canard qui en a bavé mais qui remonte la pente, ferait de nous de vrais “winners”.

L’idée n’est pas ici de minimiser l’échec ni de critiquer ceux qui s’en remettent ; l’objectif est bien de guérir des blessures. Mais la douleur est la même avec ou sans une jolie photo sur Instagram ou un hashtag sur LinkedIn, convenons-en.

Pourquoi ça fait si mal ? Dans la plupart des pays européens, on confond échec professionnel et échec de sa propre personne. Si l’échec est mal vécu, c’est qu’il fissure notre carapace sociale et change le regard que les autres ont sur nous. Alors, on fait tout pour colmater les brèches les plus visibles. 

Anticiper l’échec

Personne n’est parfait. Oui, cela va arriver. Statistiquement, vous allez un jour faire une grosse boulette ou vous faire licencier ; ou les deux, d’ailleurs, que ce soit pour une faute que vous avez commise, dans le cadre d’un plan social ou bien encore parce que l’on n’a plus besoin de vous. 

Une armure, pas un gilet de sauvetage

Pour bien rebondir, il faut se préparer à tomber, se construire une armure à la fois résistante et suffisamment souple pour vous laisser une certaine liberté de mouvement. 

Premier conseil : formez-vous, apprenez, soyez curieux. Dans le cadre de votre activité professionnelle, saisissez la moindre occasion d’en savoir plus, d’acquérir une nouvelle compétence. Soyez proactif et demandez à suivre des formations. En dehors du bureau, faites de même et intéressez-vous à des sujets en rapport avec votre métier pour élargir le spectre des possibles. 

Ensuite, entourez-vous des bonnes personnes. On dit souvent que nous sommes la somme des cinq personnes que nous fréquentons le plus. Choisit-on sa famille ? Non. Mais ses amis, oui, absolument. Fréquentez des gens avec qui vous vous sentez bien et qui vous inspirent. En amitié, privilégiez la rareté, mais investissez-vous dans les relations qui comptent. En cas d’échec professionnel, ce sont les personnes qui vous connaissent le mieux qui pourront vous aider, pas vos amis Facebook. 

Accepter l’échec

Mauvais timing, erreur de jugement, décision hâtive… plusieurs facteurs étaient combinés pour vous aider à planter magistralement le projet commercial de l’année. Votre fierté et votre réputation en ont pris un coup ?  À la cafeteria, vous sentez les regards s’apitoyer sur vous ? 

Aussi désagréable soit-elle, sachez que la situation va évoluer et que vous pouvez être acteur de cette évolution si vous adoptez la bonne posture. La première étape consiste à accepter : oui, ce projet a été un échec, oui, vous avez perdu votre emploi. Oui, vous avez votre part de responsabilité. Oui, il va falloir changer de cap pour rattraper la situation. C’est comme ça ! 

Ils ont échoué, mais ils ont rebondi ! 

J.K. Rowling a vu le premier opus de Harry Potter se faire refuser par douze maisons d’édition avant d’être enfin accepté.

Walt Disney s’est fait renvoyer par le directeur en chef d’un journal car il manquait d’imagination.

Steven Spielberg a essuyé trois refus d’universités avant d’intégrer une autre école pour finalement ne pas obtenir son diplôme en fin de cursus.

En profiter pour redescendre sur Terre

Le mot « humilité » vient du latin “humus” qui signifie « la terre ». Échouer, c’est souvent, en effet, redescendre sur Terre. En tout cas, c’est le conseil que nous vous donnons. Les entraîneurs sportifs savent bien qu’il n’existe rien de pire pour un champion que d’être orgueilleux et d’avoir l’impression d’être intouchable, car c’est cet état qui les conduit généralement à rater (un match par exemple). Le doute, au contraire, les pousse à se dépasser et à activer leur talent.

L’humilité avant tout

C’est arrêter de se croire supérieur qui va faire atteindre la supériorité à un athlète ou un salarié. Les artistes et écrivains font également régulièrement cette expérience : le public n’entend parler que des succès, mais souvent, il existe de nombreux autres écrits et contenus divers qui n’ont pas reçu le succès escompté, voire le moindre écho.

C’est toujours cet échec qui marque le point de départ d’une nouvelle direction qui, elle, mènera au succès. L’échec est considéré comme la graine qui va permettre d’insuffler ce qu’il faut pour qu’on puisse aller plus loin. Prenez du recul sur chaque échec professionnel et tirez-en vos propres conclusions pour la suite. 

Steeve Job parle de son renvoi d’Apple comme suit : il dit que cet échec l’a libéré de son orgueil, de son arrogance et l’a rendu à nouveau créatif. La créativité se nourrit donc de l’humilité ; l’humilité nous rend plus sages. Et c’est cette sagesse qui va nous permettre de rebondir, au final.

Deux fois pardon

Pardonnez-vous vous-même. Le pardon est une étape cruciale pour surmonter un échec professionnel. Vous ne pouvez pas vous en vouloir et vous blâmer indéfiniment. C’est vrai qu’il est parfois difficile de se pardonner. 

Nous sommes souvent plus durs envers nous-mêmes qu’envers ceux qui nous entourent. Vous n’êtes pas parfait et personne ne l’est. Nous faisons tous des erreurs, car vivre, c’est aussi se tromper. Si vous avez échoué, c’est que vous avez pris un risque. Vous avez accepté de vous mettre dans une situation inconfortable et d’essayer de la résoudre. Ne culpabilisez pas  !

Et pardonnez aux autres. Lors d’un échec professionnel, on en veut souvent à notre hiérarchie, à nos collègues ou même à la Terre entière. Pour avancer sur cet échec, vous devez aussi réussir à pardonner aux autres !  

Pardonner ne veut pas dire que vous excusez les actions de cette ou ces personnes qui vous ont sûrement fait du tort. Cela ne veut pas dire que vous devez définitivement oublier cet incident, mais pardonner vous permettra de vous libérer d’un poids qui ne vous appartient pas. Tirez un trait sur cette haine qui vous empêche d’avancer.

Projetez-vous dans l’après

Visualisez votre succès et revenez encore plus fort. Une fois que vous vous êtes recentré sur vous, que vous avez accepté les émotions négatives, que vous vous êtes pardonné, que vous avez pardonné, et que vous savez pourquoi vous avez échoué, il est temps de vous remettre en selle ! Vous aurez quelques inquiétudes et quelques appréhensions, mais c’est normal. 

Désormais, vous connaissez mieux vos forces et vos faiblesses. Vous pouvez alors commencer à vous projeter et à visualiser votre succès. Vous devez retrouver une attitude de conquérant prêt à réussir tout ce qu’il entreprend. Allez-y, foncez ! 

Se faire accompagner ? 

Reste que votre personnalité et tous vos efforts pour rebondir ne peuvent parfois pas tout. Dans un environnement professionnel toxique, malveillant, les chances ne sont pas de votre côté, même si vous vous en éloignez.  

Être soutenu est primordial pour se lancer à nouveau dans un projet. Peut-être n’auriez-vous pas commis certaines erreurs si vous aviez été conseillé, guidé ou challengé ? Votre échec est peut-être le signe que vous avez besoin d’être aidé. 

Fonctionner en binôme, avoir un coach sur certains aspects de votre travail ou suivre une formation pour combler vos lacunes — qu’elles soient techniques, managériales ou organisationnelles — sont des pistes à étudier quand on souhaite rebondir après un échec professionnel.

La meilleure arme :  renforcer son estime de soi au quotidien

L’estime de soi se construit avec du temps et des efforts. Comprendre comment vous fonctionnez fait partie des premières étapes à réaliser dans ce processus. Albert Einstein pensait que chacun est un génie dans un domaine qui lui est propre. 

Trouvez votre propre talent, peu importe lequel : le chant, l’organisation, la cuisine, la course à pied, le bricolage, la peinture… Ce talent vous apportera un sens et vous procurera du plaisir, mais aussi une fierté personnelle. Votre zone de confiance s’agrandira, vous serez satisfait de vous-même et prêt à affronter…vos prochains échecs ! 

Question subsidiaire : faut-il mentionner un échec lors d’un entretien d’embauche ?

Seulement si on pose la question. Si c’est le cas, un recruteur peut être sensible à un candidat qui sera transparent avec lui. Il n’est pas nécessaire de s’attarder sur le passé.

Et vous, comment gérer vous l’échec de manière générale ? Quels sont vos conseils pour surmonter ce genre de difficulté et continuer à aller de l’avant ?